Les bois de lutherie


 

La construction d’une guitare doit partir de la matière première : le bois. La qualité la plus importante d’un luthier est sa connaissance du bois et la façon dont il va travailler chaque pièce pour en obtenir le meilleur.

 

LA TABLE D'HARMONIE

Elle est l’âme de l’instrument.

 

Le choix de son essence revêt donc une importance particulière. Sa préparation requiert la plus grande  attention et doit être attentivement choisie selon sa structure est d’autre critères.

 

Les espèces utilisées, appelées aussi « bois de résonance », appartiennent à la famille des conifères. Leur qualité fondamentale est leur excellent rapport entre grande rigidité et faible masse, ce qui permet immédiatement, une bonne transmission des vibrations.

 

Pour la fabrication de guitares classiques, on utilise principalement deux variétés d’épicéa : l’épicéa des Alpes, qui provient des forêts suisses et allemandes, et l’épicéa de Sitka, qui vient d’Amérique du Nord.

L’épicéa européen

 

Reconnaissable par sa blancheur est principalement utilisé pour les guitares classiques et folks de fabrication Européenne. Sa densité est légèrement inférieure à celle du Sitka, il allie une grande sensibilité à un son moelleux et doux, et réagit très bien à une attaque même particulièrement légère.

L'épicéa de Sitka

 

Epicéa du grand nord Canadien, il est de couleur rosée présente des caractéristiques sonores de brillance et de projection qui l’ont fait adopter par la majorité des grandes firmes américaines. Il est plus fréquemment utilisé pour la fabrication de guitare folk.

 

Le western red cedar

 

Ce cèdre provient des forêts du grand Nord Canadien. Contrairement aux épicéas, il est disponible en très grande quantité. De couleur brun clair à chocolat, il allie de remarquables qualités mécaniques (rigidité, légèreté, imputrescibilité et stabilité). Une table en Cèdre développe très rarement des fentes. Faire sonner une planche de cèdre produit un son cristallin avec un « sustain » interminable. Le cèdre est en revanche très fragile et le moindre coup de médiator un peu rigoureux va le rayer profondément. D’une grande puissance sonores, leurs basses très rondes concourent à une sonorité flatteuse. En revanche, le cèdre a une moindre projection et un aigu moins clair que l’épicéa. Sa tonalité un peu sombre ne correspond pas à toutes les oeuvres.

 

LA CAISSE DE RESONANCE

 

Les essences de la caisse de la guitare sont principalement sélectionnées en fonction de leurs qualités acoustiques. Le choix du type de bois est moins critique que pour la table d’harmonie : celui-ci colore le son de l’instrument, donnant une personnalité, favorisant un registre précis ou prolongeant la note. A cette fin, on utilise les bois durs.

Le palissandre

 

Les éclisses et le fond d’une guitare classique sont presque toujours faits en palissandre. On peut là aussi choisir entre deux essences : le palissandre de Rio et le palissandre des Indes. Ce sont en fait deux bois différents, tous deux denses, huileux et très beaux. Le palissandre de Rio a tendance à être plus ramagé et plus roux, tandis que le palissandre des Indes a un fil plus régulier et contient souvent des veinures pourprées.

L’acajou d’Afrique ou d’Amérique du Sud

 

L'acajou est lui aussi un autre grand classique. Ce bois de couleur brun doré aux reflets roses et de densité moyenne est très stable. Il procure un son clair et comme « dégraissé » des basses souvent prépondérantes du Palissandre. Très utilisées en studio, les guitares en Acajou ne sont généralement pas aussi puissantes que leurs homologues en Palissandre.

 

L’érable sycomore

 

L’érable sycomore est utilisé depuis des siècles dans la fabrication d’instruments du quatuor, souvent sous sa variété Sycomore et également présent dans les guitares Jazz. Associé à un manche lui aussi en érable ondé, il apportera un surcroît de sustain et de définition en aigu.

 

Les autres bois de la caisse

 

On ne peut clore cette liste sans mentionner le Koa. Une variété d’Acacia provenant des îles Hawaï. Ce bois de couleur brun orangé avec de belles veines foncées, et dont les plus belles pièces présente des ondes profondes, est très prisé par les joueurs de Blues et de bottleneck, sans parler de son adéquation avec les musiques Hawaïennes, les ukulélés sont d’ailleurs construits en Koa. Il montre un éventail de tonalités chaudes, qui se situerait quelque part entre l’érable et le bois de rose. Entre l’acajou et le koa, ce dernier semble avoir plus de puissance dans les médiums alors que l’acajou tend à favoriser les basses.

 

 

 

Les autres bois : des bois tels que le citronnier (Inde et Asie), le padouk, le palissandre de Madagascar, le Ziricote (similaire au palissandre de Rio), l’ébène de Massacar (Est Indonésie), l’acacia noir (cousin du Koa), le cyprès, et les fruitiers comme le poirier, le cerisier et le noyer peuvent être utilisés à condition de posséder un grain assez fin. Il vaut la peine de s’intéresser à à ces derniers, qui sont de bonne alternatives étant donné le nombre croissant des bois « traditionnels » menacés d’extinction et trop chers ou trop difficile à trouver.

 

LE MANCHE DE LA GUITARE

 

Ce sont surtout leurs propriétés mécaniques qui déterminent le choix des bois utilisés pour les manches et les touches. Le manche d’une guitare subit de la part des cordes une traction permanente, qui tend à l’arquer et à le déformer. Le bois choisi doit être dur et stable. La moindre tendance à se tordre ou à se voiler sera accentuée par la traction des cordes. Mais il doit aussi être léger, afin qu’entre les mains du musicien l’instrument offre une tenue équilibrée.

 

Le cedro d’Amérique du Sud

 

Le cedro d’Amérique du Sud est un bois presque tendre de senteur épicée, beau et léger qui sera sonore et stable.

 

L'acajou

 

L'Acajou donnera un sont plus moelleux, plus rond plus chaud, tandis que l’érable, bois plus dur, permettra un bonne transmission des vibrations. Il est d’ailleurs très utilisé chez Fender Telecaster.

LA TOUCHE DE LA GUITARE

 

Le bois de la touche doit être suffisamment dur pour résister à l’usure provoquée au fil des ans par les doigts du musicien. Il doit aussi être d’une stabilité raisonnable.

L'ébène

L’ébène a presque totalement remplacé le palissandre pour les touches des guitares classiques, et il est maintenant universellement choisi. Sa plus grande dureté l’a remporté sur la meilleure stabilité du palissandre.

L'érable

 

L’érable est principalement utilisé en guitare électrique. Il demande d’être vernis pour n’être pas rapidement  taché par la transpiration. On le connaît surtout sur les typiques Fender Télécaster dès 1951. On lui donne comme qualité sonore d’être sec et percussif.

Le noyer

 

Le noyer est aussi un bois très utilisé, qui le fut depuis des siècles pour des instruments anciens, et plus récemment sur les modèles Ovation Adamas,

 

 

 

Il est rare de rencontrer de l’ébène ou du palissandre sur une guitare de débutant, on a donc recours à des essences plus courantes : poirier, hêtre ou sycomore qui sont ensuite noircies.

AUTRES PARAMETRES IMPORTANTS

 

Le bois possède une vie propre, il est constamment mouvant et fluctuant et il réagit au moindre changement de température et d’humidité. Dans un instrument de musique comme la guitare, qui doit être léger et flexible pour répondre aux vibrations musicales, on ne peut pas combattre ces tendances, il faut les contrôler par une coupe et un séchage adéquats.

 

 

Tous les bois destinés à la construction des guitares doivent provenir de planches découpées le plus près possible du rayon de la bille. Ils doivent en outre subir un séchage complet. Un bois convenablement séché ne voit pas seulement sa tendance à se voiler se réduire : plus il vieillit, plus sa solidité augmente et plus sa capacité de réponse aux vibrations s’améliore.

 

 

 

Les luthiers laissent sécher leurs bois pendant une période de trois à cinq ans minimum, et souvent pendant plus longtemps. Pour les tables, une période allant de vingt à trente ans est considérée comme idéale.

 

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